mardi 14 avril 2026

97 - ALBERT EINSTEIN - Comment je vois le monde



 

Qui n'a jamais entendu parler d'Albert Einstein ?
De ses grandes découvertes ?
Son génie a fait l'unanimité, son nom a été mis sur le même plan
que celui de Descartes, de Galilée ou de Newton.
Mais il aura fallu la tragique apparition du nazisme,
la Seconde Guerre mondiale et toutes ses conséquences,
pour laisser entrevoir, derrière la grande figure du savant,
un homme d'une humanité exemplaire,
partisan de l'entente entre les peuples,
observateur attentif du monde.

Cet ouvrage rend compte,
à partir de textes écrits entre 1930 et 1935,
des grandes questions sur lesquelles ce génie solitaire
souhaitait s'expliquer publiquement :
le pacifisme, la lutte contre le national-socialisme,
la défense du judaïsme, la religion et la science,
la culture morale, l'éducation ;
et de son admiration pour quelques grandes personnalités,
comme Hendrik A Lorentz, George B Shaw, Bertrand Russell.


Il traite également de problèmes scientifiques majeurs,
parmi lesquels la théorie de la relativité restreinte et généralisée,
la mécanique de Newton, l'influence de Maxwell.



 




97 - Citations choisies


Aujourd'hui, que dirai-je de l'époque, de l'Etat, 
de la société et de la personne humaine ? 
Notre planète connaît une population prodigieusement accrue, 
si je la compare aux chiffres du passé. 
Ainsi l'Europe accueille trois fois plus d'habitants qu'il y a un siècle. 
Mais le nombre de personnalités créatrices a décru. 
Et la communauté ne découvre plus ces êtres 
dont elle a essentiellement besoin.
 
L'organisation mécanique s'est substituée partiellement 
à l'homme novateur. 
Cette transformation s'opère évidemment 
dans le monde technologique 
mais déjà dans une proportion inquiétante 
dans le monde scientifique.
L'absence de personnes de génie 
se remarque tragiquement 
dans le monde esthétique. 
Peinture et musique dégénèrent 
et les humains sont moins sensibles.
 
Les chefs politiques n'existent pas 
et les citoyens négligent leur indépendance intellectuelle 
et la nécessité d'un droit moral. 
Les organisations communautaires 
démocratiques et parlementaires 
privées de ces fondements de valeur 
sont décadentes en de nombreux pays. 
Ainsi paraissent les dictatures. 
Et elles sont tolérées 
parce que le respect de la personne et le sens social 
sont moribonds ou déjà morts.

N'importe où, en quinze jours, une campagne de presse 
peut exciter une population incapable de jugement 
à un tel degré de folie que les hommes 
sont prêts à s'habiller en soldats pour tuer et se faire tuer. 
Et des êtres malfaisants accomplissent ainsi 
leurs buts méprisables. 
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Albert Einstein
"Comment je vois le monde"
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