mercredi 27 mai 2015

59. SATPREM : La légende de l'avenir



Dès le début de "La légende de l'avenir", 
c'est la joie retrouvée de lire Satprem,
au style fluide et lumineux. 
On touche à l'essentiel à chaque page,
mais avec légèreté, une profondeur légère,
 une poésie de la quête de la vérité sans concession, 
avec l'amour fraternel en filigrane :

     « En savons-nous plus maintenant
qu'au temps de Socrate ou de la reine Nefertiti ? 
Et quel pouvoir avons-nous sur notre destin et notre monde ? »
    « Nous vivons dans une Ignorance totale des vraies lois de la vie. 
L'occident a voulu nous convaincre de la supériorité 
de sa Science et de ses Eglises.

Mais aujourd'hui nous vivons 
dans un mensonge plus hideux que Hitler, 
qui, au moins, avait sa tête bien reconnaissable, 
maintenant le Monstre a mille têtes et mille bouches, 
un innombrable Mensonge hypocrite et hypnotique, 
quand il n'est pas ouvertement cruel. La Barbarie galope. »

     « Quelquefois, on ose se dire : il n'y a pas de "connaissance",
 il n'y a que des re-connaissances : 
ce quelque chose qui jaillit soudain et c'est ça.
    [...] Et si cette seconde inattendue n'était pas longuement mûrie ?

    Si ce Sourire ensoleillé ne venait pas d'une très vieille tendresse oubliée 
et ce Soleil n'avait pas toujours été au fond de nos années nocturnes 
sur un chemin joli qui courait avec nous depuis toujours ?
    Nous habitons une Forteresse d'Ignorance, et quelquefois ça craque
 — juste une petite racine tenace qui passe le nez dehors »
.
Présentation du livre 
trouvée chez Arianil
.




59. CITATIONS CHOISIES

Est-ce incurable ?
Ce vieux monde a trouvé le moyen 
de guérir bien des maux  et bien des formes périmées. 
Cette vieille Terre a toujours trouvé le moyen.

Cette Matière "terrifiante" qu'il faut marteler et marteler encore
pour extraire la conscience somnambule qui est là
et qui pourrait tout changer. 
N'avons-nous pas été assez martelés pour comprendre,
 enfin, notre propre secret. 
Ou faudra-t-il encore quelque accident "naturel" pour nous délivrer ?
Nous vivons dans l'illusion terrible d'une fausse conscience qui nous dévore - 
et ce n'est pas une illusion bouddhique, c'est une illusion physique, 
comme celle d'une plante qui ne trouverait pas son soleil.

La plante, ça veut du large, de l'air, de l'eau qui coule. 
Et qu'est-ce qui coule dans nos veines ? 
Qu'est-ce que cette fameuse hérédité que l'on voudrait nous coller sur le dos, 
pour marcher de plus en plus courbé et lourd sous le poids d'un vieux pot 
dans lequel on voudrait nous empoter pour toujours. 
Ce ne sont plus du tout nos cellules qui sentent et qui deviennent !
 C'est l'hypnotisme collectif du vieux château-fort 
dans lequel nous vivons, et qui nous étouffe.

"Nous sommes drogués par la domination de la Matière."

Mais cette Matière n'est même plus ce qu'elle était jadis, brute et poreuse ! 
Nous l'avons dogmatisée, durcie, couverte de péchés mortels et médicaux 
- et tout est mortel là-dedans. 
Mais où était le "mortel" dans la première plante des Âges ?
 ça poussait, tout simplement et indiscutablement, 
et si ça ne poussait pas là, ça poussait autrement et contournait l'obstacle. 
Mais maintenant, l'obstacle est devenu incontournable, 
c'est du béton pensant et qui devient ce qu'il pense, 
ou ce que pensent les dogmes et les slogans à la mode.

"Nos corps ont été fatalement endoctrinés par le mental 
et convertis à de fausses habitudes."

Ce sont des "lois" disent-ils, mais la vieille terre se moquait bien des lois !
Qu'elle ignorait ou arrangeait à sa façon
par la vieille poussée puissante qui la poussait ; 
elle faisait même des "miracles" à sa façon, 
que nul homme ne serait capable d'inventer ou rares de supporter - 
c'est très insupportable, les miracles, 
c'est comme d'entrer subitement dans une autre peau.

Peut-être  nous faut-il changer de peau, et respirer un autre air..
ou une autre conscience.
Nous, les "conquérants" de toutes les limites,
 les "conquistadores" de toutes les découvertes, 
nous ne nous sommes pas aperçus d'une simple chose : 
notre Limite, c'est l'instrument même dont nous nous servons 
pour mesurer la matière et pour calculer exactement 
la géographie de nos propres yeux : 
c'est le Mental.

Comme les nageoires et les branchies du poisson étaient l'instrument 
pour mesurer leur monde, et en même temps leur limite pour devenir terrien. 
Ce Mental périmé, hypnotique, drogué par sa propre science, 
devenu tout à fait dément et barbare, c'est notre Limite immédiate à conquérir 
pour débarquer sur la prochaine Terre et dans notre prochain corps : 
un corps conscient et libre de son vieil esclavage 
aux prétendues "lois" de la Matière.

"Une loi quelconque est simplement un équilibre établi par la nature, 
c'est une stabilisation de forces. 
Mais ce n'est qu'un sillon dans lequel la Nature
a pris l"habitude de travailler  pour obtenir certains résultats. 
Si vous changez de conscience, 
le sillon change aussi , nécessairement."

C'est le prochain miracle qui nous attend.
mais il faut le vouloir.
Après tout, cette Matière n'est peut-être pas "terrifiante", ni mortelle, 
elle est miraculeuse.
Mais il faut le vouloir et changer de peau à temps.
"Je veux savoir le Vrai" disait Oedipe.

Avec une pointe d'humour, Mère disait :
"La mort est la plus enracinée de toutes les habitudes." 

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Satprem
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vendredi 15 mai 2015

58 : ANNE ANCELIN-SCHÜTZENBERGER : Aïe mes aïeux !



Anne Ancelin-Schützenberger livre dans cet ouvrage
à travers son analyse clinique et sa pratique professionnelle 
de près d'une vingtaine d'années, 
une "thérapie transgénérationnelle psychogénéalogique contextuelle". 
En langage courant, ceci signifie que nous sommes un maillon 
dans la chaîne des générations et que nous avons parfois, curieusement,
à "payer les dettes" du passé de nos aïeux.

C'est une sorte de "loyauté invisible" qui nous pousse à répéter, 
que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou pas, 
des situations agréables ou des événements douloureux. 
Nous sommes moins libres que nous le croyons, 
mais nous avons la possibilité de reconquérir notre liberté 
et de sortir du destin répétitif de notre histoire, 
en comprenant les liens complexes
qui se sont tissés dans notre famille.

Un livre passionnant et truffé d'exemples  qui s'inscrit 
parmi les toutes récentes recherches en psychothérapie intégrative. 
Il met particulièrement en évidence les liens transgénérationnels, 
le syndrome d'anniversaire, le non-dit-secret 
et sa transformation en un "impensé dévastateur".





Publié en 1993, "Aïe mes aïeux !" fut l'un des premiers livres
sur le thème de la psychogénéalogie à rencontrer le succès...
Rapidement devenu best-seller, il fut traduit dans le monde entier,
fut régulièrement réédité et contribua beaucoup
au développement de cette nouvelle approche...
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58. CITATIONS CHOISIES

En intégrant dans ma pratique avec des malades 
certains des outils conceptuels de Boszormenyi-Nagy, 
je me suis rendu compte que le potentiel de changement 
inhérent aux relations intrafamilales est plus déterminant 
que le potentiel de guérison individuel ; 
il est beaucoup plus déterminant encore 
que tout ce qui pourrait se passer en relation dyadique, 
en psychothérapie individuelle -une relation médecin-malade, 
psychiatre-malade, psychanalyste-client.

Pour obtenir un changement dans le comportement 
ou l'état de santé d'un malade, il faudrait déterminer ses croyances 
et viser à mobiliser le levier inhérent 
au réseau relationnel familial tout entier (leurs croyances) 
si on veut enclencher un processus de changement de la famille.

François Tosquelles, psychiatre français d'origine espagnole, 
qui dirigeait autrefois l'hôpital psychiatrique de saint-Alban en Lozère 
et un institut médico-pédagogique, avait découvert 
que lorsqu'il soignait et guérissait un enfant psychotique, 
qu'il le rendait à sa famille, l'année suivante ou dans les six mois, 
la famille lui donnait à traiter un autre enfant devenu malade.

Si on guérit un individu sans toucher à l'ensemble de la famille, 
si on n'a pas compris les répétitions transgénérationnelles, 
on n'a pas fait grand-chose en thérapie. 
Cela n'est souvent qu'un mieux provisoire. 
Cette façon de voir remet en question toutes les psychothérapies existantes, 
classiques et nouvelles, y compris les plus célèbres, 
les plus sérieuses, les plus respectées, 
y compris la psychanalyse individuelle si vous voulez.

On s'aperçoit que pour que les gens changent vraiment et de façon durable, 
il faut que le système familial, social et professionnel les laissent changer, 
que les croyances changent.

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Anne Ancelin-Schützenberger
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samedi 2 mai 2015

57 - ANNY DUPEREY : Le voile noir



"J'avais pensé, logiquement,
dédier ces pages à la mémoire de mes parents -
de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos,
qui sont la base et la raison d'être de ce livre.
Curieusement, je n'en ai pas envie.
Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse.
Je n'ai jamais déposé une fleur sur leur tombe,
ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés.
Sans doute parce que obscurément je leur en veux
d'avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l'excuse de la maladie,
sans même l'avoir voulu, quasiment par inadvertance.
C'est impardonnable.

Mon père fit ces photos. Je les trouve belles.
Il avait, je crois, beaucoup de talent.
J'avais depuis des années l'envie de les montrer.
Parallèlement, montait en moi la sourde envie d'écrire,
sans avoir recours au masque de la fiction,
sur mon enfance coupée en deux.
Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes
et justifiées l'une l'autre.

Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images,
elles me tiennent lieu de mémoire.
J'ai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort -
il ne me reste rien d'avant, d'eux,
que ces images en noir et blanc."
.
Anny Duperey
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Un livre bouleversant, poignant.
Une plongée courageuse et minutieuse
dans une enfance lointaine, disparue, occultée...
Le récit d'une longue recherche personnelle
et d'une "traversée du miroir"
pour lever un peu de ce "voile"
recouvrant le passé ..

Une lecture qui parlera
à tous ceux qui connaissent
l'emprise douloureuse de la perte
et des souvenirs perdus dans le noir.
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La Licorne
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P-S : Après la publication de ce livre,
l'auteure ayant reçu de nombreuses lettres émouvantes...
elle décidera de les rassembler dans un second ouvrage,
magnifique lui aussi,
et que je vous conseille également :
"Je vous écris"
.


57- CITATIONS CHOISIES


Ma soeur ne connaissait pas cette photo de nos parents à l'église, 
le jour de leur mariage.
En la découvrant, elle eu un recul devant la tristesse qu'elle dégage et me dit :
- Hooo... Qu'est ce que c'est que ça, un enterrement ?
- Non. Leur mariage.
Et on a ri, mais on a ri !!!
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Après avoir si longtemps refusé de souffrir, 
mes défenses s'amenuisent, tombent les unes après les autres, 
et plus je m'ouvre plus je ressens vivace la douleur qui me vient d'EUX, 
même si elle attendait, tapie en moi, 
que je la reconnaisse pour prendre tout son pouvoir.
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Il faudrait à présent - et cette seule pensée m'arrache le coeur - 
qu'ils deviennent de "vrais morts qu'on n'APPELLE plus". 
Ils m'ont quittée, il faudrait maintenant que je les laisse partir de moi, 
décider que cette manière de vivre avec deux morts en filigrane 
entre moi et toute chose a fait son temps.
Il faudrait arrêter de se battre, faire la paix. 
Grandir.
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Anny Duperey
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